16.04.2008
DSk news
La nouvelle vie de DSK à Washington
Dominique Strauss kahn alerte sur une crise inflationniste
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Stiglitz
Encore un magnifique article sur DSk, là je rigole, mais c'est la raison pour laquelle je me demande pour qui roule Libé :-))) En tous cas les commentaires ne sont pas tristes, il y en a même qui le soupçonnent d'aggraver la réalité pour fourguer les ogms de Monsento
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/321239....
Interview de DSK à Europe1, 18 Avril, voilà toute la différence
http://www.europe1.fr/politique/videos/1341846/Jean-Pierr...
08:55 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
31.03.2008
La suite
OUAGADOUGOU (AFP) — Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, est arrivé dimanche à Ouagadougou pour y rencontrer lundi des chefs d'Etat de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa, 8 pays) dans le cadre d'une tournée africaine.
"L'Afrique, pour le FMI, est un sujet de grande importance. L'aide au développement, l'assistance technique, la manière de favoriser la croissance sont des sujets de tous les jours et il était très important qu'un de mes premiers voyages puisse se faire en Afrique", a déclaré M. Strauss-Kahn à un petit groupe de journalistes peu après son arrivée vers 21H30 locales (et GMT).
Une table ronde doit réunir lundi M. Strauss-Kahn, les présidents burkinabè Blaise Compaoré (également président en exercice de l'Uémoa), ivoirien Laurent Gbagbo, béninois Thomas Yayi Boni, malien Amadou Toumani Touré et togolais Faure Gnassingbé, a indiqué à l'AFP l'attaché de presse du ministère de l'Economie et des Finances, Rock Parfait Ouédraogo.
Le Niger et la Guinée-Bissau seront représentés par leurs Premiers ministres Seyni Oumarou et Martinho Dafa Cabi, alors que le Sénégal enverra son ministre de l'Economie et des Finances Abdoulaye Diop, a précisé M. Ouédraogo.
"Nous allons avoir une discussion très importante sur l'avenir du développement et la lutte contre la pauvreté dans les pays francophones", a précisé le directeur du FMI.
Il s'agit de la première visite de M. Strauss-Kahn en Afrique depuis sa prise de fonction en novembre 2007. Après le Burkina, il doit se rendre au Nigeria puis en Tanzanie, indique un projet de programme reçu par l'AFP à Dakar mais pas encore officiellement confirmé par le FMI.
Une première étape sénégalaise prévue dimanche dans le cadre de cette tournée africaine a été "annulée" pour cause "de mauvaises conditions climatiques" au départ de Paris, a annoncé le FMI dans un communiqué.
En lien une magnifique photo de Dominique Strauss kahn coiffé d'un chapeau :
http://www.france-info.com:80/spip.php?article101538&...
Ainsi qu'un reportage à écouter et à ne pas louper :-))
Point de vue de l'Union économique et monétaire ouest africaine ( Uemoa):
http://www.essor.gov.ml:80/sem/cgi-bin/view_article.pl?id...
Et puis par ici :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/03/03/dsk-la-...
18:00 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : DSK, FMI, Dominique Strauss Kahn
21.12.2007
news de dsk

http://www.rtl.fr/info/chroniques/chroniquesint.asp?rubid...
17:05 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.12.2007
Ovation
Le FMI, qui a aujourd'hui à sa tête le socialiste Dominique Strauss-Kahn, se félicite, dans les conclusions de son rapport de mission sur la France, parues vendredi, de « l'élection d'un nouveau président et la nomination d'un gouvernement ouvertement réformateur offrant à la France l'occasion historique de renouer avec une croissance soutenue ». Les vingt points abordés dans le texte égrènent stoïquement les recettes libérales défendues par l'institution, avec l'assurance que ne saurait pourtant lui conférer un système économique pas encore remis du séisme qu'a provoqué, sur le marché mondial, la crise des « subprimes » survenue l'été dernier.
Jugeant « les priorités et la méthode du gouvernement, en matière de réformes, appropriées », le rapport salue au passage « la décision de ne pas accorder de coup de pouce au SMIC en 2007 » et suggère « qu'elle soit pérennisée ». À cet égard le FMI voudrait la création d'une « commission indépendante » capable de « sensibiliser à l'impact d'un salaire minimum élevé sur le chômage et les finances publiques ».
L'institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn s'interroge aussi sur les négociations en cours concernant le Code du travail, considérant qu'« une véritable rupture avec le passé et une amélioration réelle du fonctionnement du marché du travail nécessitent d'amender les dispositions juridiques régissant actuellement le licenciement économique, de manière à faciliter les ajustements de main-d'oeuvre sans passer par la solution, coûteuse, du licenciement individuel ».
tout pour « libérer » le marché
Le texte se fait ensuite un panégyrique de la politique de Nicolas Sarkozy, « louant » l'assouplissement des 35 heures « car il permet aux entreprises de bénéficier d'une plus grande souplesse et de réduire leurs coûts salariaux indirects », « appréciant (…) à sa juste valeur le message que le paquet fiscal entend transmettre », ou, concernant la fusion ANPE-ASSEDIC, « se félicitant (…) que les autorités aient à nouveau placé le retour à l'emploi des chômeurs au coeur de leurs priorités, en proposant aux demandeurs d'emploi un accompagnement plus personnalisé assuré par une structure unique ».
Les obsessions de la vieille institution ne changent guère : accroissement de la concurrence, dérégulation et réduction drastique des dépenses de l'État, le tout pour « libérer » le marché. Favorable, dans le cadre de la réforme des retraites de 2008, à l'allongement de la durée de cotisation, le FMI précise même que « le degré de fermeté dont fait preuve le gouvernement sur l'allongement similaire de la durée de cotisation des régimes spéciaux s'avérera déterminant ».
S'il prône, en matière de santé et de protection sociale, une extension du recours aux franchises, le Fonds monétaire s'oppose à la création d'une cinquième branche « dépendance », jugeant que « les mécanismes d'assurance individuelle privée devraient jouer ici le premier rôle ».
300 LICENCIEMENTS
PRÉVUS AU FMI
Système financier, politique économique, droit du travail, finances publiques, politique budgétaire et protection sociale, tous les sujets sont abordés avec pour seul fil conducteur la capacité à « accroître la concurrence et le bien-être des consommateurs ». Sans se soucier des conséquences sociales de ses préconisations, dont le respect est, pour certains pays, le passage obligé pour obtenir les fonds nécessaires à leur survie, le FMI continue de relayer sans sourciller les intérêts des puissances financières.
Il reste que les 300 prochaines victimes du plan de licenciement prévu par Dominique Strauss Khan, au sein du FMI, pourront démentir l'idée selon laquelle l'arrivée d'un socialiste à la tête de l'institution ne changerait rien…
Frédéric Durand
http://domik.blog.20minutes.fr:80/archive/2007/12/12/la-c...
Les conclusions de la mission du FMI ne proviennent pas de la plume de Stauss Kahn
09:25 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
05.12.2007
Alassane Ouattara
A la demande de Dominique Strauss Kahn, qui a pris ses fonctions à la tête du Fonds monétaire international (FMI) le 1er novembre, Alassane Ouattara, l’ex-Premier ministre ivoirien et président du Rassemblement des républicains (RDR), s’est envolé le 27 novembre pour Washington.
Il fait partie du groupe d’experts chargés de penser une réforme en profondeur de l’institution, forte de 185 membres, dont il fut le directeur adjoint de 1994 à 2000.
il rejoint d’autres anciens de la maison : le gouverneur de la Banque centrale israélienne, Stanley Fischer, qui a exercé les fonctions de premier directeur adjoint de 1994 à 2001, et Timothy Adams, ancien sous-secrétaire au Trésor américain chargé des Affaires internationales.
Cette réforme, priorité des priorités pour Strauss Kahn, doit passer notamment par une meilleure représentativité des pays en développement mais aussi par une révision à la hausse des quotes-parts et des droits de vote des puissances émergentes.
La Chine, qui contribue à plus de 15% du produit intérieur brut mondial, contre 17,8% pour les Etats-Unis, alors qu’elle ne dispose que de 2,94% des voix, est concernée au premier chef.
D’autres pays, comme le Brésil, l’Afrique du Sud ou l’Inde poussent au changement.
Le poids des Etats européens, qui détiennent à eux seuls cinq places sur les vingt-quatre qui composent le Conseil d’administration, sera également abordé.
Tout comme l’état du FMI, qui, soixante ans après sa création, en 1944, connaît de sérieuses difficultés de trésorerie ainsi qu’une perte de légitimité en raison de son incapacité à prévenir, voire réguler, les crises financières.
Certains pays qui disposent de réserves suffisamment importantes pour se passer du Fonds vont désormais jusqu’à remettre son unité en question.
Pour Ouattara et ses collègues, la tâche n’est donc pas mince.
D’autant que cette réforme, qui doit être finalisée d’ici à 2008, intervient dans un contexte de risque de récession de l’économie américaine suite à la crise des subprimes, d’une surévaluation du yuan, la monnaie chinoise, par rapport au dollar et d’une flambée des prix du pétrole.
Source Jeune Afrique
09:55 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.09.2007
FMI
« Le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International vient de me choisir pour succéder à Rodrigo de Rato au poste de Directeur général.
C’est pour moi une joie, un honneur et une responsabilité. Je veux remercier Jean-Claude Juncker, grâce à qui tout a commencé ; Nicolas Sarkozy, qui au nom de la France a appuyé avec force ma candidature ; les ministres de l’Union Européenne qui m’ont fait confiance et plus largement tous ceux qui m’ont apporté leur voix.
Fort de la puissante légitimité que me donne le très large soutien dont j’ai bénéficié, notamment dans les pays émergents et les pays à bas revenus, je suis déterminé à engager sans tarder les réformes dont le FMI a besoin pour mettre la stabilité financière au service des peuples en favorisant la croissance et l’emploi ».
Dominique Strauss-Kahn
Voilà
18:50 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
06.09.2007
Reformer le F M I
"Dans les semaines à venir, le conseil d’administration du FMI aura la responsabilité de choisir son directeur général pour les cinq prochaines années. Quelle que soit la nationalité de la personne choisie pour diriger le FMI, ce qui importe vraiment est que celle-ci embrasse un certain nombre de changements fondamentaux au sein de cet organisme. C’est pourquoi, en tant que candidat de la réforme, je me suis récemment rendu dans de nombreuses capitales.
J’ai écouté les points de vue de tous les membres du FMI, pas seulement des plus grands, et forgé un consensus sur la nécessité d’un changement.
Plus que jamais, nous avons besoin du FMI pour relever les défis de notre époque. Notre monde est très différent de ce qu’il était lorsque ses pères fondateurs se sont réunis à Bretton Woods. Le commerce international et les mouvements de capitaux ont augmenté de façon exponentielle, ce qui a contribué à notre prospérité et, en même temps, a rendu nos économies toujours plus dépendantes les unes des autres. Les régimes de taux de change se sont diversifiés.
Les marchés des capitaux se sont développés, à l’intérieur des frontières nationales et internationalement. Enfin, et ce n’est pas le moindre, une nouvelle géographie économique s’est dessinée.
Les économies émergentes sont devenues des acteurs incontournables de l’économie mondiale, un fait qui peine encore à se refléter dans leur droit de vote au Fonds Monétaire International.
Néanmoins, il me semble que le but et la mission fondamentale du FMI sont restés les mêmes : permettre à tous les pays, riches ou pauvres, grands ou petits, de s’engager pleinement dans le processus de mondialisation et de recueillir les fruits d’un système économique et financier international ouvert. Évidemment, notre environnement a changé, et les méthodes et les instruments du FMI doivent s’adapter en conséquence. L’interdépendance a amplifié les retombées internationales de nos politiques économiques nationales. C’est pourquoi nous devons approfondir les nouvelles approches en matière de surveillance multilatérale développée ces dernières années.
De récents événements ont en outre démontré que la stabilité financière nationale et internationale ne doit pas être tenue pour acquise. Il est très encourageant de voir la façon dont les économies émergentes ont résisté aux dernières turbulences du marché et recueilli à cette occasion les bénéfices des efforts passés pour renforcer les systèmes financiers nationaux et mettre en œuvre des politiques macroéconomiques adaptées. Néanmoins, le Fond doit se tenir prêt à jouer son rôle et offrir, si besoin, son assistance aux pays frappés par des chocs financiers extérieurs. Sa mission demeure, comme elle l’a toujours été, d’assurer la stabilité financière mondiale et de promouvoir la mis en œuvre des politiques nationales saines.
Enfin, les efforts des pays pauvres pour mieux s’intégrer à l’économie mondiale doivent être encouragés ; ces pays doivent pouvoir compter sur le soutien du Fonds avec des instruments adaptés à leur situation. Le rôle du Fonds n’est certes pas de se substituer aux agences de développement. Cependant, étant donné l’importance de la stabilité macroéconomique pour la réduction de la pauvreté, il ne fait aucun doute pour moi que le FMI doit rester actif dans les pays à faibles revenus. J’ai discuté en profondeur de cette question avec les gouverneurs africains à Maputo en juillet et avec les gouverneurs latino-américains en août. Nous avons aussi recherché des moyens d’améliorer la coordination entre le Fonds et les agences de développement, particulièrement avec la Banque mondiale.
Une dimension centrale des débats en cours est que nous devons trouver une approche multilatérale à nos problèmes. Cette nouvelle impulsion en faveur du multilatéralisme ne signifie pas qu’il faille renoncer aux autres approches. En tant que champion indéfectible de l’introduction de l’euro, je me réjouis des différentes initiatives pour promouvoir l’intégration régionale.
Cependant, ces initiatives auront plus de chance de réussir s’il existe un lieu où discuter et convenir de règles communes.
Le principal atout du Fonds pour être ce lieu, réside dans le dévouement exceptionnel et la qualité de son personnel, qui lui procure l’impulsion intellectuelle et la qualité d’analyse nécessaire. Il demeure certainement possible d’introduire davantage de diversité dans son personnel pour faire en sorte que le Fonds développe toute l’expertise nécessaire sur les pays à qui il dispense ses conseils.
Une autre question essentielle est la légitimité du FMI. Soyons clair : le monde émergent et en voie de développement ne se sent pas suffisamment inclus dans le Fond. Dans le but de rétablir la pleine légitimité du FMI, il faut donner à ces pays une voix plus forte au sein de l’institution. C’est la question connue sous le nom des « quotes-parts », sur laquelle certains progrès ont été accomplis lors de l’assemblée annuelle du FMI à Singapour, en septembre dernier. Mais nous devons aller beaucoup plus loin et nous accorder rapidement sur une réforme ambitieuse au bénéfice des pays dont le dynamisme et le rôle croissant dans l’économie mondiale ne sont pas adéquatement reflétés dans la répartition des quotes-parts, tout en veillant à donner aux autres pays une voix suffisante.
Toutefois, la réforme des quotes-parts ne suffira probablement pas.
Pour accroître sérieusement l’apport des économies émergentes et en voie de développement, je pense qu’il faut modifier la dynamique du processus de décision. Pour y parvenir, il peut être utile de réfléchir à de nouvelles règles de vote au sein du conseil d’administration du Fonds. Une double majorité de quotes-parts et de pays pourrait, par exemple, être exigée pour un petit nombre de décisions cruciales, ce qui garantirait un soutien incontestable aux décisions affectant les principaux aspects de l’institution.
Enfin, le FMI a besoin d’un cadre budgétaire rénové, économe des ressources des Etats membres, ainsi que d’un modèle de financement plus viable. À cet égard, j’adhère à la plupart des recommandations du rapport Crockett, paru en début d’année, sur le financement du FMI.
En tant que candidat de la réforme, je chercherai à placer le FMI sur une voie lui permettant de relever et de surmonter ses principaux défis : adapter l’institution à un monde en pleine évolution et refléter les points de vue et les besoins de tous ses membres.
Dans une rupture heureuse avec les pratiques passées, le conseil d’administration du FMI a annoncé, le 12 juillet 2007, que les candidats seraient jugés sur leurs mérites et non sur leur nationalité. Bien que j’aie été invité par l’Union européenne à me présenter à cette fonction, je crois que pour occuper un poste aussi primordial, il faut bénéficier du soutien international le plus large. J’ai beaucoup appris au cours de mon récent tour du monde, et je suis persuadé que, si j’étais nommé, je saurais trouver les appuis nécessaires à la mise en œuvre d’un ambitieux programme de réformes assurant au FMI de recouvrer durablement sa pleine pertinence dans une économie mondiale en rapide évolution."
http://www.dsk-imf.net/2007/09/06/dsk-ma-vision-du-fmi/
16:35 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
13.06.2007
La nouvelle bataille des valeurs
La nouvelle bataille des valeurs
Par Dominique Strauss-Kahn
« Pour conclure cette série de réflexions dans « le Nouvel Observateur », je voudrais dire quelques mots des valeurs qui peuvent guider la gauche aujourd'hui. Nous critiquons le monde tel qu'il est et nous voulons le transformer, mais nous ne pourrons le faire qu'en sachant ce que nous voudrions qu'il soit. Le socialisme du réel ne peut se passer de l'idéal d'une société juste. Les Français exigent des partis des réponses concrètes aux problèmes de leur vie quotidienne, mais ils cherchent également dans le discours politique une représentation de ce qu'ils font et peuvent faire ensemble. De ce point de vue, nous n'avons pas perdu en ce début d'année 2007 la seule bataille des projets économiques et sociaux. En laissant Nicolas Sarkozy imposer sa vision de la nation, de l'ordre, du travail, du mérite, nous avons aussi perdu la bataille des valeurs, faute de l'avoir livrée avec nos armes. Il y a, bien sûr, au coeur de la gauche, une aspiration qui traverse les époques : une soif de justice et de liberté, une révolte contre la fatalité, les privilèges et la domination, un humanisme fondamental qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter ego. Née des Lumières, elle a été portée par la Révolution française puis par le mouvement socialiste dont nous sommes les héritiers. Elle nous survivra. Mais cette aspiration ne suffit pas à nous définir. Les valeurs elles-mêmes ne sont pas épargnées par le mouvement du réel et de l'Histoire. La gauche est une conscience collective qui cherche sa voie à travers des expériences successives. Nous avançons, nous tâtonnons, nous inventons des modèles ; et à chaque époque nouvelle, nous devons tirer de ce que nous avons appris de nos succès, de nos erreurs et de nos oublis aussi les leçons qui nous permettront de reformuler notre vision du monde.
La liberté ordonnée
Les années 1960 et 1970 nous ont légué une cohérence marxiste et libertaire : alors que les libertés économiques étaient suspectes, les libertés individuelles se trouvèrent sacralisées. Cet héritage demeure notre socle. Face à l'insécurité économique, aux dégâts écologiques, aux inégalités sociales qu'il engendre, nous persistons à vouloir réguler le capitalisme. Contrairement aux libéraux, qui veulent « libérer » le marché de toutes ses entraves, nous continuons de penser, en sociaux-démocrates, qu'il faut organiser la tension entre le capital et le travail. Aussi nous efforçons-nous d'encadrer le fonctionnement du marché. Mais, parallèlement, nous avons progressivement reconnu que la liberté d'entreprendre était source d'efficacité économique et créatrice de richesse. De notre capacité à convaincre de la cohérence de ces deux affirmations - la nécessaire régulation du capitalisme et la nécessaire promotion des entrepreneurs - dépend, pour une bonne part, l'avenir de la gauche. Il nous faut de même concilier la loi et l'ordre. Frappée d'hémiplégie, la gauche a longtemps négligé la répression, confiant à la seule prévention le soin de garantir la sécurité. Une pathologie symétrique conduit aujourd'hui la droite à tout miser sur la répression. Sanctionner sans faiblesse les atteintes à la loi après avoir mis en oeuvre les moyens permettant d'éviter la multiplication des infractions : telle est la voie que doit emprunter un socialisme du réel. Le moment est venu d'entériner cette évolution idéologique. Pour traduire ce double rééquilibrage - de la liberté et de la responsabilité, des droits et des devoirs -, j'aime à parler de liberté ordonnée. Les batailles sémantiques et symboliques sont des batailles politiques ; à l'heure où la droite engage une offensive caricaturale contre l'esprit de Mai-68, je crois important de montrer que la gauche est capable de faire bouger les lignes sans pour autant céder en rien, ni dans les mots ni dans les propositions, à l'idéologie de ses adversaires.
L'égalité réelle
Poser en principe que les seules inégalités sociales et économiques acceptables sont celles qui bénéficient aux membres les plus défavorisés de la société, c'est donner un contenu concret à l'égalité. Il ne s'agit pas d'éliminer les différences « naturelles », même si l'on sait à quel point elles sont socialement et familialement conditionnées. L'égalitarisme niveleur, qui est par exemple à l'origine d'utopies scolaires comme celle du « collège unique », refuse aux plus mal lotis ( promus de classe en classe à l'ancienneté ) l'opportunité de progresser selon des rythmes et des méthodes adaptés à leurs capacités réelles. Parce qu'il bride les talents des plus doués, cet égalitarisme est responsable d'une seconde injustice à l'endroit des moins favorisés : les chances qu'ont ces derniers de bénéficier un jour du fruit des efforts des premiers en sont diminuées. La justice ne consiste pas à nier ou à entraver les talents au prétexte de leur répartition arbitraire, mais à les faire contribuer à l'amélioration des perspectives des membres les moins bien dotés de la société. La conception sociale-démocrate de la République, ce n'est donc pas l'égalitarisme niveleur. Mais ce n'est pas davantage l'ouverture d'une course inégale à la domination telle que la prône Nicolas Sarkozy, lequel semble faire sienne la formule de Hayek : « A ceux qui ont, l'on donnera. » Ma conception, c'est celle de la mutualisation des talents : nous devons les regarder comme des atouts collectifs et nous considérer mutuellement comme les bénéficiaires des avantages résultant de leur épanouissement. Il n'y a rien de choquant à prétendre que l'activité collective de la société est mieux à même que l'égoïsme individuel de soutenir nos efforts, de susciter notre contribution, et de rendre réalisable ce dont nous sommes capables.
La fraternité laïque
A la fragmentation du salariat qui érode le sentiment de classe, à la mondialisation qui désarticule les Etats-nations s'ajoute depuis quelques décennies la montée d'une forme d'individualisme invitant chacun à cultiver son autonomie et à affirmer sa différence. Mais les solitudes et les angoisses qui accompagnent cette nouvelle donne font aussi resurgir les besoins d'appartenance et les revendications identitaires. De nouveaux réseaux de communication et de sociabilité se développent, de nouvelles références territoriales ou religieuses apparaissent, mettant sous tension la conception républicaine de la nation. L'égalité réelle suppose le souci du bien commun. Mais elle ne requiert pas l'uniformité des croyances, des moeurs et des cultures. Respecter l'égalité des droits des citoyens impose de ne pas leur prescrire une manière de vivre déterminée ou une conception particulière du bonheur privé - fût-ce celle de la majorité d'entre eux.
C'est ainsi que la pluralité des orientations sexuelles appelle de la part de la démocratie autant de respect que la diversité culturelle : elle est une richesse que doivent accueillir favorablement les sociétés libres, un des innombrables moyens par lesquels ces dernières échappent à l'uniformité. Il y a toutefois un point sur lequel nous ne devons pas, à mon sens, transiger : notre refus d'une communautarisation insidieuse de la société et de l'espace public qui, en enfermant les individus dans des identités figées et en imposant une représentation ethnicisée de la société, perpétuerait durablement les inégalités. Loin de tout archaïsme, notre attachement viscéral à la laïcité reste, de ce point de vue, un combat pour l'émancipation et l'égalité.
Là aussi, la doctrine de la gauche doit faire la part entre la fidélité à son héritage idéologique et la prise en compte des nouvelles réalités sociologiques. L'hospitalité que la démocratie accorde aux différences n'est pas faite d'indifférence aux individus et aux valeurs : elle résulte de la séparation à laquelle procède la démocratie entre le public et le privé d'une part, le politique et le religieux d'autre part. La démocratie ne peut donc admettre qu'au nom de leur singularité personnelle ou de leur particularisme culturel des individus ou des groupes remettent en question la laïcité, condition même de la tolérance dont ils bénéficient.
Le progrès maîtrisé
Comment achever l'esquisse d'une refondation de la gauche sans revenir sur la notion de progrès ? Cette dernière n'est plus à la mode. Le repli sur elle-même d'une société inquiète laisse douter du progrès social ; les bouleversements environnementaux font voler en éclats l'illusion de l'asservissement sans limites de la nature ; l'émergence de nouvelles interrogations morales, liées par exemple à l'utilisation des cellules souches ou des OGM, effraie autant qu'elle fascine. La défiance qu'inspire l'idée de progrès se nourrit de l'opacité qui entoure les expérimentations scientifiques comme les grands choix technologiques, notamment en matière énergétique. Aussi est-il sans doute nécessaire de placer ceux-ci sous un rigoureux contrôle démocratique. Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison, qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes. Rejeter frénétiquement l'expérimentation scientifique, s'abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d'un retour de l'obscurantisme que la vénération de la nature tente d'habiller idéologiquement. C'est, ici encore, l'identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »
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30.05.2007
zénith 29 Mai 2007
11:54 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.05.2007
Zénith 29 Mai 2007
12:05 Publié dans DSK | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

