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25.09.2007
La Pologne met sur internet les anciens dossiers secrets sur ses dirigeants
VARSOVIE - Pour la première fois en Pologne, des extraits de dossiers de la police communiste concernant les plus hauts responsables actuels, les frères jumeaux Kaczynski, ont été publiés sur internet mardi soir.
L'Institut de la mémoire nationale (IPN) polonais, qui a la garde des archives communistes, a appliqué ainsi une loi sur la décommunisation, entrée en vigueur en mars, qui lui donnait six mois pour publier les dossiers des principaux responsables au sein de l'Etat.
L'IPN a toutefois ajourné la publication sur cette liste "des données de personnes actives dans la campagne électorale" avant les législatives anticipées du 21 octobre, a indiqué mardi son directeur, Janusz Kurtyka.
Selon les extraits de dossiers publiés par l'IPN (www.ipn.gov.pl), le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski a été dans le collimateur de la police politique SB pour avoir participé à des réunions d'opposants au régime communiste dans les années 1970, puis pour ses activités au sein du syndicat Solidarité jusqu'à la chute du communisme en 1989.
Son frère Lech Kaczynski, le président de la République, figure également dans de nombreux dossiers de la police pour ses activités d'opposant au communisme.
Le président de la Diète (chambre basse du parlement) Ludwik Dorn, un proche collaborateur des Kaczynski, est qualifié par la SB de "candidat à la collaboration", mais aucun document ne vient étayer ce qualificatif.
Sur les listes de hauts responsables que publie l'IPN doivent figurer aussi les procureurs de la République et les juges de la Cour Suprême, de la Cour Constitutionnelle et du Tribunal d'Etat.
Le parti conservateurs Droit et Justice (PiS) des frères Kaczynski au pouvoir en Pologne s'était fait un point d'honneur de faire toute la lumière sur le passé à l'époque communiste de larges couches de la société.
La loi de décommunisation que le PiS a fait adopter concernait des centaines de milliers de personnes, en particulier les journalistes, universitaires, avocats, notaires, gestionnaires de sociétés d'Etat et directeurs d'école, tenus à déclarer s'ils avaient collaboré ou non avec la SB.
Saisie par l'opposition sociale-démocrate, la Cour Constitutionnelle a cependant invalidé en mai une grande partie de cette loi, dont les déclarations obligatoires. Elle en a exclu notamment les journalistes et les universitaires.
La publication par IPN des dossiers des plus hauts responsables est toutefois restée en vigueur et devait donc entrer dans les faits.
En vertu de la loi, les dossiers sont néanmoins expurgés de données sensibles, comme l'état de santé, l'orientation sexuelle, la confession ou les origines des personnalités publiques concernées.
(©AFP / 25 septembre 2007 20h20)
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